Par Thomas René.

En marge du PDAC 2026 à Toronto, le gouvernement gabonais et la société canadienne Millennial Potash ont fait le point sur le projet minier de Mayumba. Si le potentiel du gisement est confirmé, Libreville impose désormais un cahier des charges strict : l’extraction doit rimer avec transformation sociale pour la province de la Nyanga.

Par la Rédaction de Globe Infos
C’est un tournant décisif pour le secteur minier dans le sud du Gabon. Réunis à Toronto (Canada) à l’occasion de la convention annuelle de l’Association des prospecteurs et entrepreneurs du Canada (PDAC 2026), les autorités gabonaises et les investisseurs canadiens ont jeté les bases de ce que devra être la future mine de potasse de Mayumba.
Le ministre des Mines et des Ressources géologiques, Sosthène Nguema Nguema, a reçu en audience Jack Scott, vice-président de Millennial Potash. Loin d’une simple rencontre protocolaire, cet échange a permis de confronter les impératifs économiques de l’investisseur aux exigences sociales de l’État gabonais.
Un gisement prometteur et 500 emplois à la clé
Pour Millennial Potash, les voyants sont au vert. Lors de cette entrevue, les représentants de la firme canadienne ont présenté un rapport d’étape jugé « satisfaisant ». Les travaux d’exploration confirment l’existence d’un gisement majeur de potasse à Mayumba, une ressource stratégique pour l’agriculture mondiale (engrais).
L’entreprise, qui se positionne comme une structure de financement spécialisée dans le secteur extractif, a dévoilé des projections optimistes pour l’économie locale. Selon Jack Scott, la phase d’exploitation pourrait générer entre 300 et 500 emplois directs. Au-delà des chiffres, la société a réaffirmé son engagement stratégique au Gabon, soulignant que ce projet structurant renforcera considérablement l’attractivité minière du pays à l’international.
La Nyanga au cœur des priorités : l’exigence de Libreville
Face à cet enthousiasme technique, le ministre Sosthène Nguema Nguema a tenu un discours de fermeté et de responsabilité. Si le Gabon reste ouvert aux investissements étrangers, l’époque de l’extraction sans contrepartie locale semble révolue.
Le membre du gouvernement a clairement indiqué que la province de la Nyanga doit être la première bénéficiaire de cette richesse du sous-sol. La priorité absolue a été donnée à la résorption du chômage local. Le message est sans équivoque : les communautés riveraines doivent être pleinement intégrées à la chaîne de valeur, non pas comme spectatrices, mais comme actrices et bénéficiaires directes.
Infrastructures et progrès social : la vision du Chef de l’État
Au-delà de l’emploi, c’est une métamorphose infrastructurelle que Libreville attend de ses partenaires. Le ministre a insisté sur la nécessité d’une « transformation visible » de Mayumba et de ses environs. Le gouvernement exige que l’exploitation de la mine s’accompagne de la construction :
D’infrastructures routières ;
- D’écoles et de centres hospitaliers ;
- De cités modernes et d’aires de loisirs.
Cette approche s’inscrit en droite ligne avec la vision du Président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, pour qui l’essor minier doit impérativement être synonyme de progrès social et d’équité territoriale.
En somme, les échanges de Toronto marquent une nouvelle ère dans le partenariat public-privé au Gabon : celle d’un contrat social où le profit des investisseurs ne peut se dissocier du bien-être des populations. La balle est désormais dans le camp de Millennial Potash pour traduire ces engagements en réalités concrètes sur le terrain.
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