Par Alphonsine MADJILEM pour Globe infos.

N’Djamena, 28 février 2026. Dans la cour du Lycée Félix Éboué, l’atmosphère est à la fois studieuse et électrique. Sous un soleil déjà haut, des centaines de jeunes filles, stylos en main et regards déterminés, incarnent une ambition nouvelle pour le Tchad : celle de conquérir les sciences. Ce samedi matin marque le lancement officiel de la première édition du Concours national STEM SENAFET 2026, une initiative inédite destinée à propulser les jeunes filles tchadiennes au cœur des disciplines scientifiques et technologiques.

Autour des candidates, les autorités donnent à l’événement une dimension institutionnelle forte. La ministre d’État, ministre de la Femme et de la Protection de la Petite Enfance, Kitoko Gata Ngoulou, a personnellement présidé la cérémonie, aux côtés des délégués provinciaux de l’Éducation nationale de N’Djamena. Un signal politique clair : la promotion de l’excellence scientifique féminine s’impose désormais comme une priorité stratégique.
Plus de 500 candidates participent à cette première phase, réparties entre quatre grandes villes : N’Djamena, Abéché, Moundou et Sarh. Objectif : identifier les talents les plus prometteurs en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STEM). Les meilleures seront sélectionnées pour les phases finales dans la capitale, avant la consécration officielle lors de la cérémonie de clôture de la SENAFET 2026.

Derrière cette initiative, une vision : rééquilibrer la place des femmes dans les filières scientifiques, longtemps dominées par les hommes. Pour MENODJI Rita, coordonnatrice de l’ONG Action pour l’Éducation et la Promotion de la Femme (AEPF-Tchad) et porteuse du projet, ce concours dépasse le simple cadre académique. « Ce concours est un signal fort. Il démontre l’intérêt et le potentiel immense de nos jeunes filles dans les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques », affirme-t-elle, convaincue que l’avenir scientifique du pays se joue aussi dans ces salles de classe.
Au-delà de la compétition, l’événement s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation sociale. Dans un pays confronté aux défis du développement technologique et de l’innovation, l’émergence d’une nouvelle génération de scientifiques féminines représente un levier majeur. Encourager ces vocations dès le secondaire, c’est investir dans le capital humain et préparer l’économie de demain.

Organisé conjointement par l’Office national des examens et concours du supérieur (ONECS) et le ministère de la Femme, de la Protection de la Petite Enfance, le concours national STEM SENAFET 2026 pose ainsi les bases d’un mouvement durable. Il ne s’agit plus seulement de promouvoir l’éducation des filles, mais de les positionner comme actrices clés de l’innovation nationale.
À travers les regards concentrés des candidates, une certitude se dessine déjà : le Tchad scientifique de demain pourrait bien porter un visage féminin.
