Par la rédaction de Globe infos.

Libreville-Cape Town, le 04 février 2026. Longtemps considéré comme un géant forestier et pétrolier, le Gabon entend désormais affirmer son potentiel minier sur la scène internationale. Porté par un cadre réglementaire modernisé, une stabilité politique retrouvée et une volonté affirmée de diversification économique, le pays se positionne progressivement comme une juridiction d’investissement minier crédible et compétitive en Afrique.

C’est dans cette dynamique que le nouveau ministre des Mines et des Ressources géologiques, S.E. Sosthène Nguema Nguema, participe au prestigieux salon Mining Indaba à Cape Town, rendez-vous incontournable des acteurs mondiaux du secteur extractif. L’objectif est clair : séduire les investisseurs internationaux et promouvoir les opportunités offertes par le sous-sol gabonais, notamment dans le manganèse, l’or et le minerai de fer.
Une offensive diplomatique et économique ciblée (Who, Where, When)
La présence du Gabon au Mining Indaba, du 9 au 13 février en Afrique du Sud, s’inscrit dans une stratégie proactive de diplomatie économique. Le ministre des Mines y conduit une délégation officielle chargée de présenter les nouvelles licences disponibles, les réformes engagées et les avantages comparatifs du pays.
Dans le même cadre, un déjeuner d’information intitulé « Investir dans le secteur minier gabonais » est organisé le mardi 10 février, de 13h à 15h, à l’hôtel Capetonian, à proximité immédiate du CTICC. Cette rencontre vise à établir un dialogue direct avec les investisseurs, fonds spécialisés et opérateurs miniers internationaux.
Une stabilité politique retrouvée, socle de la confiance (Why)
L’attractivité minière du Gabon repose avant tout sur un facteur déterminant : la stabilité politique. Les élections présidentielles et législatives de 2025 ont marqué la fin d’une transition institutionnelle de près de deux ans, ouvrant une nouvelle phase de gouvernance.
Élu avec un mandat fort, le président de la République, S.E. Brice Clotaire Oligui Nguema, bénéficie d’une légitimité politique renforcée pour conduire des réformes structurelles, notamment dans les secteurs stratégiques. Pour les investisseurs, cette stabilité constitue un signal fort de sécurité juridique et de prévisibilité, éléments clés dans les décisions d’investissement à long terme.
Un Code minier compétitif aligné sur les standards internationaux (What)
Au cœur de cette stratégie figure un cadre fiscal et réglementaire profondément révisé, conçu pour rivaliser avec des juridictions minières de référence telles que le Botswana, la RDC ou le Chili. Les principales mesures incluent :
Une réduction de l’impôt sur les sociétés minières de 35 % à 30 % ;
Un plafonnement des taxes à l’exportation à 1 %, contre 3 % auparavant ;
Des redevances minières comprises entre 5 % et 10 %, offrant une meilleure visibilité financière ;
Des exonérations douanières sur l’importation des équipements et machines destinés à l’exploration.
Ces dispositions visent à abaisser la barrière à l’entrée, améliorer la rentabilité des projets et faciliter leur financement.
Dématérialisation, guichet unique et transparence accrue (How)
Conscient que la compétitivité ne se limite pas à la fiscalité, le gouvernement gabonais s’attaque également à la lourdeur administrative, souvent pointée du doigt par les opérateurs.
La numérisation du processus d’octroi des permis miniers est en cours, avec la mise en place d’un système de gestion en ligne, garantissant transparence, traçabilité et réduction des délais. Une cartographie nationale en temps réel permettra d’éviter les chevauchements de titres, tandis que l’introduction du paiement électronique des redevances modernisera les relations entre l’État et les investisseurs.
Par ailleurs, l’Agence nationale de promotion des investissements (ANPI) joue désormais un rôle central de guichet unique, facilitant l’installation des entreprises et réduisant les interactions multiples avec l’administration. L’accès élargi aux données géologiques et historiques contribue également à réduire les coûts d’exploration.
Le manganèse, atout stratégique dans la transition énergétique mondiale
Sur le plan des perspectives, le Gabon bénéficie d’un positionnement stratégique sur le manganèse, minerai clé de la transition énergétique mondiale. Essentiel à la fabrication de l’acier, aux infrastructures et aux technologies de batteries, le manganèse voit sa demande mondiale croître sous l’effet combiné de l’urbanisation et de l’essor des véhicules électriques.
Les projections font état d’une hausse de la demande mondiale comprise entre 4 % et 7 %, soutenue par une croissance annuelle de 1,3 % de la demande en acier. Premier producteur africain de manganèse, le Gabon dispose ainsi d’un avantage comparatif majeur pour capter ces nouvelles opportunités.
Vers une nouvelle ère minière gabonaise
En combinant réformes structurelles, stabilité politique et vision stratégique, le Gabon ambitionne de transformer son potentiel minier en véritable moteur de croissance inclusive. La participation au Mining Indaba marque une étape décisive dans cette ambition : celle de faire du pays une destination minière de premier plan en Afrique, capable d’attirer des investissements durables et responsables.
À travers cette nouvelle dynamique, Libreville envoie un message clair aux marchés internationaux : le Gabon est prêt.
