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Le Président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema : une diplomatie active

Par la rédaction de Globe infos.

Depuis sa prise de pouvoir, et ce, au lendemain du « Coup de la Libération », la diplomatie est l’un des leviers du développement économique et politique de l’actuel homme fort du Gabon. Ses importants déplacements hors du pays et ses nombreuses réceptions des délégations étrangères témoignent du rôle important mis dans les relations avec l’extérieur.

En ce début d’année 2026, l’activité diplomatique du Président de la République, Chef de l’Etat, Brice Clotaire Oligui Nguema, s’est étoffée avec deux principaux axes : une diplomatie économique avec le retour aux négociations avec le Fonds Monétaire International (FMI) et les partenariats multilatéraux signés  ou en voie de signature avec plusieurs de tous les continents pour relever l’activité économique et socio-politique du pays. Une diplomatie politique et le grand du pays dans les instances dirigeantes de la CEEAC et  de l’Union Africaine.

Le Gabon a amorcé en janvier 2026 un retour vers un nouveau programme économique soutenu par le FMI, visant à restaurer la crédibilité macroéconomique après la suspension d’un précédent accord de 553 millions de Dollars en 2024, après la prise de pouvoir par les militaires en 2023. Cette démarche, actée après des discussions techniques et une mission de haut niveau, vise à renforcer la discipline budgétaire face à des besoins de financement. Si à long terme, l’objectif visé est d’atteindre une croissance durable tout en intégrant des impératifs de reformes structurelles, notons que ce retour aux négociations avec le FMI, nous fait gagner au moins trois choses à court et moyen terme :

Une crédibilité sur la sphère internationale qui se traduit par la baisse du cout des emprunts, autrement dit, les taux d’intérêt vont être revus à la baisse, ce qui ne manquera pas de freiner et d’amoindrir l’évolution du taux de remboursement de la dette.

Une attractivité à financer le Gabon. Les bailleurs et les investisseurs s’arrachent le Gabon comme une terre prometteuse en affaires. Mr Amadou Diagne, Ambassadeur itinérant du Président Amadou Barrow de Gambie, venu apporter un message au Chef de l’Etat gabonais affirmait en ce sens : vous accueillez tout le monde, vous faites naitre l’espoir, vous avez osé là où personne n’osait. Tout le monde se bouscule pour venir investir chez vous

La cohésion à la maison CEMAC. Le Gabon avait du mal à lever des fonds au niveau de la CEMAC, l’un des critères  pour que la CEMAC débloque des fonds était que le Gabon renoue le fil avec le FMI qui est  le plus gros pourvoyeur en argent de la plupart des entités supranationales dans le monde.

Cette annonce de signature du Gabon avec le FMI a eu un effet positif  immédiat sur les marchés internationaux : on a observé une hausse des eurobonds gabonais (dette en Dollar) au 21 janvier 2026, ce qui est un signe de confiance retrouvée pour les créanciers. Le résumé de Bloomberg AI, écrit: Les obligations en dollars du Gabon ont été les plus performantes parmi les marchés émergents après que le gouvernement a accepté de mettre en œuvre un programme de réformes économiques soutenu par le FMI.

 « Les obligations en Dollars  du Gabon ont été les plus performantes sur les marchés émergents après que le gouvernement a accepté de mettre en œuvre un programme de réformes économiques soutenu par le FMI dans le cadre d’une démarche visant à obtenir de niveaux financements. Les obligations des pays d’Afrique de l’Ouest arrivant à échéance en 2031 ont gagné plus de quatre cent par Dollar pour s’échanger à 81,3 cents. Les titres arrivant à échéance en 2029 ont également progressé,selon les données de Composite Bloomberg Bond Trader (CBBT) qui analyse les performances du commerce automatisé dans les marchés de crédit.

Mark Bohlud, analyste du crédit chez Reed Intelligence note : La hausse des obligations du Gabon est également stimulée par le fait que les comptes extérieurs du pays sont dans une meilleure situation que ceux de certains autres exportateurs d’énergie.

 Le 25 février 2026, une délégation du FMI a entamé une mission de collecte de données de terrain afin de comprendre la situation budgétaire et économique du pays dans le but de conclure, ou, non un programme d’appui financier.

La diplomatie économique se joue aussi entre le Gabon et plusieurs autres pays du monde. Outre nos partenaires traditionnels, qui sont souvent de l’Occident et notamment de la France avec qui certains permis d’exploitation et d’exploration de nos mines sont en négociation ou en renégociation, pour un partenariat gagnant-gagnant, la nouvelle politique du Gabon regarde aussi vers d’autres points cardinaux du monde  et notamment le levant.

En exemple, le 05 février 2026, le Chef de l’Etat Brice Clotaire Oligui Nguema s’est rendu à Abu Dhabi, aux Emirats Arabes Unis, en visite officielle pour y présenter les opportunités économiques du Gabon en matières, énergétique, technologique, agricole et de construction de logements. Cette visite s’est inscrite dans la dynamique de diversification des partenaires stratégiques, soutenue par les idées de multilatéralisme et le constructivisme.  Entre le 15 et le 17 février, une importante délégation Emirati a séjourné à Libreville, emmenée par son influent Ministre du Commerce Extérieur, Tahin Bin Ahmed Al Zeyoudi et reçue par le Chef de l’Etat. Le Chef de l’Etat a demandé de passer à l’étape de la signature des accords bilatéraux et à designer les points focaux qui représenteront le Gabon dans ce nouveau partenariat qu’il veut gagnant-gagnant.

Le 24 janvier 2026, à l’issue de la 09ème session extraordinaire de la Conférence des Chefs de l’Etat et des Gouvernements de la CEEAC, le Général de Police, Marcel Mapangou Moussadji a été nommé Commissaire à la Commission Politique, Paix et Sécurité, pour un mandat de cinq ans. Ainsi pendant les cinq prochaines années, Mr Mapangou Moussadji devra mener des réflexions au niveau de ces trois axes pour arbitrer, proposer et voire innover dans les questions politiques, de paix et sécuritaires de la sous-région. Ce poste stratégique confié au Gabon, en pareille circonstances, témoigne aussi de la crédibilité accordée au Gabon sur questions. Le défunt Président de la République, Omar Bongo Ondimba a toujours porté un message de paix à travers le monde et que cette valeur lui a souvent été reconnu eu égard aux moyens mis en œuvre pour la préserver dans son espace territorial, malgré les tensions qui n’ont pas manqué dans et hors du pays.

Nous pouvons préjuger que cette raison historique été un argument que le Chef de l’Etat a mis sur la table pour que le Gabon ait ce poste.

 Nous pouvons également préjuger que les pairs de la sous-région du Président Brice Clotaire Oligui Nguema ont voulu que le Gabon obtienne ce poste, en raison de la  Transition presque parfaite  menée après de le  Coup de la Libération. Cette période très risquée pour les pays qui connaissent de ce genre de situation militaro-politique qui versent souvent dans la dictature ou l’autocratie a plutôt donné naissance à une architecture institutionnelle démocratique qui ne demande qu’à être consolidée par une appropriation et une pratique de la démocratie de tous et par tous. C’est-dire que le Gabon sert de modèle pour les transitions politiques en Afrique Centrale.

Au-delà de certaines critiques qui voient ce Coup de la Libération comme un blanchiment des coups d’Etat, la pratique de la démocratisation en œuvre prouve tout le contraire. Cette pratique de la démocratisation a pour but de donner au Gabon sa souveraineté politique et économique. La dénonciation des accords multilatéraux léonins, la volonté de créer des partenariats gagnants-gagnants, la liberté d’expression lorsqu’elle ne rime pas avec insolence, diffamation, calomnie, le dialogue permanent, la liberté d’association, la volonté de lutter contre la corruption…sont des signes d’un pays qui cherche à se hisser au niveau des standards internationaux. En outre, face à cette critique nous pouvons relever qu’il y’a une nuance entre alternance politique et alternance démocratique. Le Gabon a fait sa mue par alternance démocratique à l’issue d’élections présidentielles crédibles et transparentes même si, il faut reconnaitre que le déroulement des élections législatives et locales ont quelque peu terni l’image de ce processus.

 Certains pays en Afrique font des alternances politiques, c’est-à-dire que le changement ne passe pas forcément par des élections dont les résultats font l’unanimité. Le changement passe par, succession, grondement de la rue qui finit par renverser un dirigeant,  transfert de pouvoir…

Nous pouvons inférer que si le Gabon a été élu membre du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine le 11 février 2026, lors de sa 48ème session à Addis-Abeba en Ethiopie, les raisons citées plus haut, et surtout la transition, ont joué un grand rôle. APA NEWS (Agence de Presse Africaine) dans sa livraison du 16 février   affirme:   The Gabon model was a focal point during high-level deliberations, particularly during a joint session between the AU peace and Security Council and the United Nations Security Council.  Delegates presented the Gabonese experience as a successful example of how a military-led regime change can pivot toward civilian governance trough structured dialogue and transparent electoral processes. (Le modèle gabonais a été au Cœur des délibérations de haut niveau, notamment lors d’une session conjointe du Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine et du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Les délégués ont présenté l’expérience gabonaise comme un exemple réussi de la manière dont un changement de régime mené par l’armée peut s’orienter vers une gouvernance civile grâce à un dialogue structuré et à des processus électoraux transparents). 

Dr Fortuné Matsiegui Mboula