Par la Rédaction.
Les administrateurs représentant les travailleurs de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) ont animé ce lundi 26 janvier 2026 une session d’information auprès des délégués du personnel de la zone économique spéciale de Nkok, dans la commune de Ntoum. L’objectif : expliciter les nouveaux barèmes de cotisations sociales, désormais applicables aux salariés comme aux employeurs, afin d’anticiper tout malentendu lors de l’examen des fiches de paie.

Cette initiative pédagogique s’inscrit dans une démarche de transparence visant à accompagner les acteurs du monde du travail dans l’appropriation de ce dispositif réformé, pilier de la protection sociale gabonaise. En effet , Dès le début des années 2000, la branche pension retraite de la CNSS traverse une période critique alarmante, confrontée à d’immenses difficultés pour garantir le versement régulier des pensions aux anciens travailleurs du secteur privé. Cette défaillance tire son origine d’un recouvrement insuffisant des cotisations. Selon les experts, cette situation ne découle d’aucune négligence particulière, mais s’explique plutôt par des paramètres structurels inadaptés, obsolètes, et surtout frappés de caducité par l’érosion temporelle.
Toutefois, à l’issue d’une table ronde stratégique initiée par la Fédération des syndicats des travailleurs des pays affiliés à la Conférence interafricaine de la prévoyance sociale (FESTAC) en décembre 2025 et bien avant après des études actuarielles, organisée en partenariat avec la CNSS, des recommandations capitales ont été formulées, notamment la revalorisation substantielle des cotisations, portées à deux chiffres.

Dans le prolongement de ces conclusions, le gouvernement de la Ve République, sous l’impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema, a promulgué au dernier trimestre 2025 le décret N°0487/PR/MASI du 18 décembre 2025, entré en vigueur le 1er janvier 2026, marquant l’avènement d’une nouvelle ère pour le système de protection sociale gabonais. Désormais, le taux global de cotisation s’élève à 16 %, réparti entre 11 % à la charge patronale et 5 % prélevés sur les salaires. Cette révision constitue une augmentation drastique de la contribution salariale, qui double littéralement pour atteindre 5 % (contre 2,5 % précédemment, selon certaines sources locales).
Un sacrifice incontournable selon les syndicats
« Nous n’avons guère le choix. Nos collègues qui ont élaboré ces nouveaux barèmes ont accompli un travail de haute volée. Bien que nous n’ayons pas pris part aux négociations, l’honnêteté intellectuelle nous impose de reconnaître qu’il s’agit d’une avancée considérable. Si nous n’agissons pas immédiatement, si nous rejetons cette mesure, la gestion des pensions de retraite deviendra tout bonnement intenable dans quelques années », a martelé Roger Ondo Abessolo, l’un des administrateurs.
Des salariés partagés entre résignation et appréhension
Du côté des travailleurs, si le principe d’une cotisation à deux chiffres n’est pas catégoriquement rejeté, nombreux sont ceux qui déplorent vivement l’absence de concertation préalable avec les employés directement affectés par ce prélèvement de 5 %. Aujourd’hui, soulignent-ils avec véhémence, les conditions d’existence, l’environnement professionnel et les niveaux de rémunération apparaissent en totale inadéquation avec les orientations gouvernementales.

Des conventions collectives à actualiser de toute urgence
Interpellés sur la précarité qui frappe les employés de Nkok en particulier, et l’ensemble des salariés gabonais du secteur privé en général, les administrateurs de la CNSS ont souligné avec insistance la nécessité impérieuse de réviser les conventions collectives, tombées en désuétude depuis plus de quatre décennies. Certains textes en vigueur remontent effectivement à 1982. Ils ont par ailleurs mis l’accent sur l’urgence absolue de garantir la viabilité du régime de prestations vieillesse, brandissant l’avertissement qu’en l’absence de mesures correctives immédiates, la caisse risque de basculer dans une crise systémique au cours des prochaines années.
