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Gabon/ Minang Eddy-Narcisse, cible d’une guerre de l’ombre : la vérité face aux artisans de la rumeur

Par Piaco la plume de Globe infos.

À peine les poursuites judiciaires engagées contre des dignitaires de l’ancien régime, voilà que les réseaux sociaux s’enflamment contre le procureur Minang Eddy-Narcisse. Accusations sans preuves, chiffres déformés, rumeurs savamment distillées : la machine à discréditer s’est mise en marche. Et révèle, mieux que jamais, ceux que la méritocratie dérange.

[ÉDITORIAL] Le prix de l’intégrité dans un pays en transition

Au Gabon, l’heure est à la refondation. Mais cette reconstruction, portée par un élan de justice et d’assainissement institutionnel, se heurte à des résistances farouches. Pendant que la transition œuvre à restaurer la confiance dans les mécanismes de l’État, une autre bataille se joue : celle contre les forces de l’ombre, prêtes à tout pour préserver des privilèges menacés.

La campagne de diffamation visant Minang Eddy-Narcisse, le Procureur général près la cour d’appel judiciaire de Libreville s’inscrit pleinement dans cette dynamique. Depuis qu’il a engagé, en novembre, des poursuites judiciaires contre plusieurs personnalités de l’ancien régime, dont une ex-Première dame, il est la cible d’attaques agressives sur les réseaux sociaux. Une déferlante de mensonges habillés en révélations, qui trahit surtout la panique de ceux que dérange une justice désormais déterminée à aller au bout de ses dossiers.

Quand la rumeur devient stratégie

Parmi les détracteurs les plus bruyants figure un individu lui-même bénéficiaire de perdiems lors du Dialogue national de 2024, une ironie relevée par de nombreux observateurs. Car les documents comptables fruits de nos investigations, démontrent une répartition transparente des fonds. Par exemple Bernard Christian Rekoula a reçu une somme de un million huit cent mille francs CFA (1.800.000), bien d’autres ont eux aussi perçu des allocations selon leurs rangs, grades et qualités. Pourquoi alors isoler Minang Eddy-Narcisse ? Pourquoi travestir une procédure administrative connue de tous en pseudo-scandale ?

La même mécanique de manipulation s’applique aux 25 millions de francs CFA que ses détracteurs brandissent comme preuve de détournement. Or cette somme correspond simplement au budget réglementaire d’une session criminelle organisée lorsqu’il exerçait à la cour d’appel d’Oyem. Elle a servi à régler les honoraires, logistique, transport, restauration, hébergement… Une pratique standard, institutionnelle, incontestable.

Mais la vérité, posée calmement, est moins rentable que la rumeur.

L’acharnement contre un homme qui dérange

Comme le confiait un riverain averti sur les réseaux sociaux :
« Je savais que c’était faux. Aucun élément concret n’a été apporté. C’est choquant de voir un haut magistrat menacé juste parce qu’il fait son travail. »

Ce témoignage résume l’essentiel : l’acharnement contre Minang n’a rien à voir avec une quête de transparence. Il s’agit d’une tentative maladroite mais bruyante de fragiliser un magistrat qui a eu le tort, pour ses détracteurs, de tenir la ligne de la justice.

Derrière les accusations, c’est toute la peur d’un système anciennement intouchable qui s’exprime. Un système où la réussite d’un homme honnête dérange plus que les manquements de ceux qui l’attaquent.

Transparence contre manipulation : un choix de société

Face à la vague de désinformation, Minang Eddy-Narcisse a fait un choix rare : répondre par la transparence. En rendant publics, en pleine audience, les montants et les motivations liés aux fonds prétendument détournés, l’homme de droit dissipe toute ambiguïté. Une décision digne d’une justice moderne, qui refuse de laisser la calomnie prendre le pas sur les faits.

Mais cet épisode soulève une question plus profonde :
les réseaux sociaux doivent-ils devenir des tribunaux parallèles où l’opinion remplace la preuve ?

Le Gabon, engagé dans une transition déterminante, ne peut se permettre d’abandonner sa justice aux interprétations malveillantes. La crédibilité des institutions repose sur une condition simple : que les faits priment sur les fantasmes, et que les artisans de la rumeur ne dictent jamais le rythme de la vérité.

Un test pour la société gabonaise

L’affaire Minang dépasse le magistrat. Elle interroge la maturité d’un pays en pleine recomposition. Elle questionne la capacité collective à défendre la rigueur, à résister aux manipulations, à refuser que la rumeur devienne une arme politique.

Ceux qui cherchent aujourd’hui à salir un homme ne défient pas seulement sa personne : ils contestent l’idée même de justice indépendante.

Dans un Gabon qui veut tourner la page des dérives, la vérité doit l’emporter sur le vacarme. Et l’intégrité, même lorsqu’elle dérange, doit devenir la norme et non l’exception.