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Gabon : Le pari du CCPE’ZON pour réconcilier la jeunesse avec la terre

Par Thomas René pour Globe infos.

Alors que le Gabon importe encore une large part de sa consommation alimentaire, le CCPE’ZON, sous l’impulsion de son Coordonnateur Général Adjoint Patrick Meyo, lance une offensive de terrain. L’objectif ? Transformer l’agronomie théorique en moteur de croissance économique pour une jeunesse en quête de sens et de revenus.

Patrick Meyo expliquant la vision du chef de l’État

En effet, c’est une équation que le Gabon tente de résoudre depuis des décennies : comment transformer un immense potentiel arable en souveraineté alimentaire concrète ? La réponse ne se trouve plus seulement dans les rapports ministériels, mais dans la boue des exploitations agricoles. Depuis deux semaines, Patrick Meyo, Coordonnateur Général Adjoint du CCPE’ZON, multiplie les descentes sur le terrain. Une mission commando qui fait suite au récent plaidoyer du Président des Fermes du Grand Libreville.

Le « chaînon manquant » : de l’amphi au sillon

Le constat est sans appel et presque paradoxal. D’un côté, plus de 1 500 étudiants s’échinent sur les bancs de l’Université Omar Bongo (UOB) en filière agronomie. De l’autre, des exploitants agricoles qui peinent à trouver une main-d’œuvre qualifiée et des jeunes qui boudent un secteur jugé, à tort, archaïque.
« Il ne s’agit plus de constater le désintérêt, mais de créer les conditions de l’engagement », martèle Patrick Meyo.

Malibe 2 reçoit la délégation

Pour le CCPE’ZON, le salut passe par un système de formation hybride.

L’idée est de briser le plafond de verre académique pour projeter les étudiants dans une immersion totale. Ce « bridge » (pont) entre l’université et le terrain vise à rassurer les futurs diplômés : l’agriculture de 2026 n’est plus celle de la daba, mais celle de l’entrepreneuriat et de l’innovation.

Un modèle « gagnant-gagnant » pour l’économie locale

L’approche défendue par Patrick Meyo se veut pragmatique et dépouillée de toute idéologie romantique. Pour attirer les jeunes, il faut une carotte financière. La plateforme collaborative mise en place repose sur une synergie tripartite :
Pour les jeunes : Une montée en compétences fulgurante et, surtout, la possibilité de générer des revenus dès la phase d’apprentissage.

La dynamique est lancée le coordonnateur Général Adjoint du CCPE’ZON sème la révolte .

Pour les opérateurs économiques : L’accès à un vivier de talents motivés, capables d’injecter de nouvelles dynamiques technologiques dans les exploitations.
Pour l’État : Une réduction de la dépendance aux importations et une réponse concrète au chômage des jeunes.

Changer le narratif : l’agriculture comme nouveau « pétrole vert »

Au-delà de la technique, le défi est culturel. Patrick Meyo l’a bien compris : il faut « réenchanter » la terre. En rencontrant les acteurs réels agriculteurs et coopératives le Coordonnateur du CCPE’ZON s’attaque aux freins psychologiques et structurels qui bloquent l’installation des nouveaux exploitants.

Le message est clair : l’agriculture est un secteur d’avenir, au même titre que le numérique ou la finance. C’est un gisement d’emplois modernes qui attend ses futurs patrons. En connectant les salles de classe aux champs, le Gabon tente de structurer une véritable classe moyenne agricole, capable de porter les ambitions de développement du pays.

Ce qu’il faut retenir de l’initiative du CCPE’ZON :

Action immédiate : Structuration de programmes de stages et d’immersion avec les opérateurs privés.
Cible : Les 1500 étudiants en agronomie de l’UOB et les jeunes demandeurs d’emploi.
Ambition : Passer de la théorie à une agriculture rentable, innovante et souveraine.