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[Gabon-Éducation] Bras de fer dans l’enseignement : Les enseignants maintiennent leur grève, Camélia Ntoutoume annonce des inspections sur le terrain

Par la rédaction.

Par le truchement d’un communiqué daté du 31 janvier 2026, Christian Louembet Onguele, Secrétaire Général du Ministère de l’Éducation Nationale, a officialisé le déploiement de l’Inspection des Services dans les établissements scolaires et lycées. Objectif affiché : contrôler l’effectivité de la reprise des enseignements dès ce lundi 2 février 2026. Cette annonce intervient quelques heures à peine après la résolution des enseignants de prolonger leur mouvement de contestation jusqu’à l’aboutissement total de leurs réclamations.

Voilà trente jours jour pour jour que la mobilisation des professionnels de l’enseignement bat son plein. Malgré les multiples initiatives gouvernementales destinées à identifier des issues honorables, malgré la signature d’un protocole d’entente par les différents porte-parole du collectif SOS Éducation surnommé « la Base », chaque assemblée générale balaye systématiquement l’ensemble des propositions formulées. Ces pédagogues, qui dénoncent leur précarisation chronique, martèlent désormais un mot d’ordre inflexible : « Tout ou rien ». Pour eux, l’heure n’est plus aux concessions, aux tractations ou à ces dispositifs de versements anticipés dépourvus de fondement juridique dans l’arsenal réglementaire gabonais.

L’exécutif épuisé tend vers la répression ?

Le tournant était prévisible. Après avoir manifesté, semble-t-il, une certaine mansuétude envers les professionnels de la craie et estimé avoir négocié de bonne foi avec les neuf représentants du corps enseignant, l’appareil gouvernemental s’achemine indubitablement vers la voie coercitive. Son communiqué ne laisse planer aucune ambiguïté : il s’agit bel et bien de vérifier la « présence effective au poste » des enseignants. Ceux qui feront défaut devront vraisemblablement s’attendre à des mesures disciplinaires graduées, allant du gel des émoluments jusqu’à la révocation pure et simple.

L’escalade : deux camps retranchés dans leurs certitudes

C’est indéniablement une épreuve de force aux répercussions imprévisibles qui se profile à l’horizon. D’une part, des enseignants convaincus d’avoir été marginalisés depuis des lustres et dont le ras-le-bol atteint son paroxysme. D’autre part, un gouvernement persuadé d’avoir épuisé l’arsenal des solutions réglementaires susceptibles de favoriser la reprise pédagogique et d’épargner aux apprenants une année blanche, voire catastrophique.

Au-delà de cette confrontation stérile, une interrogation capitale demeure sans réponse : jusqu’où s’étendra cette guerre d’usure ? Les prochains jours diront si la raison l’emportera sur l’obstination ou si le Gabon s’enfoncera davantage dans une crise éducative aux conséquences dramatiques pour toute une génération.