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[Gabon Crise éducative] les enseignants prolongent la grève: Raymond Ndong Sima, l’homme providentiel pour sortir de l’impasse ?

Par la rédaction.

La crise qui secoue l’éducation nationale gabonaise s’enracine davantage. À l’issue du week-end, les enseignants ont décidé de maintenir leur mouvement de grève, accentuant la pression sur l’exécutif. Dans ce climat de tension persistante, des voix de plus en plus audibles, notamment au sein du corps enseignant, plaident pour l’implication de Raymond Ndong Sima afin de renouer le fil du dialogue.

Grève reconduite : l’impasse se confirme

Un mois après le déclenchement du mouvement, le conflit dans l’éducation nationale gabonaise est loin de connaître un épilogue. Réunis le week-end écoulé, les enseignants ont décidé de poursuivre la grève, estimant que les réponses gouvernementales restent en deçà de leurs attentes.

Depuis le 5 janvier 2026, les salles de classe sont largement désertées, paralysant le fonctionnement normal des établissements scolaires sur l’ensemble du territoire. Les multiples initiatives de médiation engagées par le ministère de l’Éducation nationale, avec l’appui de l’émissaire Jean Gaspard Ntountoume Ayi et de responsables syndicaux tels que Georges Mpaga et Pierre Minsta, n’ont pas permis de débloquer la situation.

Une mobilisation intacte et un message sans concession

La démonstration de force observée lors de la mobilisation nationale du samedi 31 janvier 2026 a confirmé l’adhésion massive des enseignants au mot d’ordre de grève. Regroupés au sein du collectif SOS Éducation – “la Base”, ils campent sur une ligne désormais assumée : seules des mesures financières intégrales et immédiates peuvent justifier une reprise des cours.

Face à l’annonce gouvernementale faisant état de près de 4 000 fiches bleues signées, les enseignants opposent un refus catégorique. Leur slogan reste inchangé :
« No money, no school ».
Aucun paiement partiel ni promesse différée ne saurait, selon eux, résoudre durablement la crise.

Année blanche : une menace de plus en plus crédible

La prolongation de la grève fait planer une lourde incertitude sur l’avenir de milliers d’élèves. Qu’adviendra-t-il des candidats au BEPC et au baccalauréat 2026 ? Comment compenser les semaines d’enseignement perdues ? La perspective d’une année blanche s’impose désormais comme un scénario plausible.

Cette situation appelle une mobilisation plus large, impliquant non seulement l’État et les syndicats, mais aussi les organisations de la société civile, les partis politiques et les associations de parents d’élèves, face à un enjeu qui dépasse largement le cadre corporatiste.

Raymond Ndong Sima, l’interface réclamée par les enseignants

Dans ce contexte de blocage prolongé, les appels en faveur de Raymond Ndong Sima se multiplient, en particulier du côté des enseignants. Pour nombre d’entre eux, l’ancien Premier ministre incarne un interlocuteur crédible, capable de comprendre les revendications et de traduire les engagements de l’État en actes concrets.

Ancien chef du gouvernement sous Ali Bongo Ondimba, puis Premier ministre de transition sous Brice Clotaire Oligui Nguema, Raymond Ndong Sima a laissé l’image d’un gestionnaire pragmatique, notamment lors du règlement effectif des rappels de solde des fonctionnaires. Un épisode encore fortement ancré dans la mémoire collective du monde enseignant et syndical.

L’expérience comme levier de sortie de crise

Pour de nombreux observateurs, faire appel à une personnalité rompue à la gestion des crises sociales ne relèverait ni d’un recul politique ni d’un désaveu de l’action gouvernementale actuelle. Il s’agirait plutôt d’un choix stratégique, dicté par l’urgence et la gravité de la situation.

À l’inverse, prolonger la paralysie du système éducatif, tout en évoquant d’éventuelles sanctions salariales à l’encontre des grévistes, risquerait d’envenimer davantage le climat social et d’éloigner toute perspective de compromis.

Éducation nationale : le temps des décisions fortes

L’éducation demeure un pilier fondamental du développement national. Chaque semaine supplémentaire de grève fragilise un peu plus l’avenir scolaire d’une génération entière. Face à cette crise majeure, le Gabon est désormais à la croisée des chemins.

Le recours à un médiateur expérimenté, capable de restaurer la confiance entre les parties, apparaît pour beaucoup comme une nécessité. À ce titre, le nom de Raymond Ndong Sima s’impose de plus en plus dans le débat public comme une option sérieuse pour sortir l’école gabonaise de l’ornière.