Une mobilisation gouvernementale face à une tension sociale persistante.
Par Thomas René pour Globe infos
Libreville, le 07 janvier 2026. Le secteur de l’Éducation nationale gabonaise traverse une zone de fortes turbulences. Grèves récurrentes, établissements perturbés et inquiétudes croissantes des familles : la crise éducative s’impose désormais comme un enjeu central de stabilité sociale. Conscient de la gravité de la situation, le Vice-Président du Gouvernement, Herman Immongault, a pris l’initiative de convoquer une réunion de crise interministérielle, marquant une nouvelle étape dans la gestion du conflit.

En effet, autour de la table, il y avait, les ministres en charge de l’Éducation nationale, de l’Économie et du Budget, de la Fonction publique et de l’Enseignement supérieur. Une configuration élargie qui témoigne de la volonté de l’exécutif d’aborder la crise non comme un simple désaccord sectoriel, mais comme une question transversale touchant au capital humain et à la justice sociale, pilier stratégique de l’action gouvernementale.
Revendications des enseignants : des dossiers anciens, des attentes urgentes
Au cœur des échanges, un état des lieux précis des revendications portées par les partenaires sociaux. Trois points majeurs cristallisent les tensions :
le paiement des vacations dues,
la régularisation des situations administratives de nombreux enseignants,
et leur mise en solde effective, parfois attendue depuis plusieurs années.
Ces revendications, loin d’être nouvelles, traduisent les dysfonctionnements structurels de la chaîne administrative et budgétaire du secteur éducatif. Pour les syndicats, l’accumulation de retards nourrit un sentiment de lassitude et fragilise la crédibilité de l’État employeur.
Une approche coordonnée pour éviter l’enlisement
Face au risque d’un enlisement durable de la crise, le Vice-Président du Gouvernement a donné des instructions claires : les ministres concernés devront proposer, dans les meilleurs délais, des mesures urgentes, réalistes et coordonnées, capables de restaurer la confiance et d’assurer un retour effectif à la normale dans les établissements scolaires.
Cette méthode, fondée sur la concertation interministérielle, vise à rompre avec les réponses fragmentées du passé. Elle souligne également la volonté de replacer la gestion du capital humain au cœur des priorités de l’État, dans un contexte où l’éducation demeure un levier essentiel de développement et de cohésion nationale.
L’éducation, un test de gouvernance pour l’exécutif
Au-delà de la seule crise éducative, cette mobilisation revêt une portée politique plus large. Elle s’inscrit dans les hautes orientations du Chef de l’État et Chef du Gouvernement, S.E. Brice Clotaire Oligui Nguema, qui a fait de la reddition des comptes, de la performance de l’action publique et de l’amélioration du service public des marqueurs de sa gouvernance.
La manière dont cette crise sera résolue constituera un test majeur de crédibilité pour l’exécutif. Pour les observateurs, l’enjeu est double : répondre aux attentes légitimes des enseignants tout en garantissant la continuité du service public de l’éducation, pilier fondamental de l’avenir du Gabon.
