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Coopération minière Gabon–Émirats arabes unis : l’offensive aurifère impulsée par Brice Clotaire Oligui Nguema entre dans sa phase opérationnelle

Par la rédaction de Globe infos.

La rencontre du 16 février 2026 à Libreville entre le ministre gabonais des Mines, Sosthène Nguema Nguema, et une délégation venue d’Abu Dhabi marque bien plus qu’un simple suivi technique d’accords bilatéraux. Elle consacre l’entrée en phase opérationnelle d’une stratégie minière impulsée au sommet de l’État par le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, à l’issue de sa récente visite officielle aux Émirats arabes unis.

Derrière la diplomatie économique affichée, c’est une réforme en profondeur de la gouvernance de l’or gabonais qui se dessine.

Une vision présidentielle : transformer l’or en levier de souveraineté économique

Depuis son accession à la magistrature suprême, le Chef de l’État a clairement positionné la valorisation des ressources naturelles comme un axe central de redressement économique. Après le bois et le manganèse, le secteur aurifère apparaît désormais comme un chantier prioritaire.

La séquence d’Libreville s’inscrit directement dans la continuité de la visite présidentielle à Abu Dhabi, où plusieurs conventions de coopération ont été paraphées, notamment dans le domaine minier. Le message est clair : la diplomatie doit produire des résultats concrets, mesurables et rapidement opérationnels.

En confiant au ministre des Mines la mise en musique technique de cette dynamique, le Président Oligui Nguema impose une méthode :

impulsion stratégique au sommet ;

déclinaison sectorielle structurée ;

accélération des mécanismes d’exécution.

Le nerf du problème : la fuite de l’or gabonais

Au cœur des discussions avec la partie émiratie, un constat préoccupant : le Gabon perd une part significative de sa production aurifère en raison de circuits informels et d’un déficit de traçabilité.

L’absence d’un système moderne d’identification et de suivi des lingots favorise :

la contrebande transfrontalière ;

la sous-déclaration de production ;

l’évasion fiscale ;

la perte de devises.

Dans un contexte où les cours mondiaux de l’or restent stratégiques pour les économies émergentes, ces pertes représentent un manque à gagner considérable pour le Trésor public.

Traçabilité numérique : vers une révolution du contrôle minier

Le projet phare issu des échanges concerne l’instauration d’un système d’estampillage sécurisé des lingots, adossé à un code QR permettant d’identifier précisément l’origine de chaque production.

Cette innovation vise plusieurs objectifs :

  1. Garantir l’origine légale de l’or ;
  2. Sécuriser la chaîne de commercialisation ;
  3. Rendre plus difficile l’écoulement de l’or issu de circuits informels ;
  4. Renforcer la crédibilité internationale du label aurifère gabonais.

Il s’agit là d’un changement de paradigme. Le Gabon passerait d’un modèle essentiellement déclaratif à un modèle traçable et vérifiable, aligné sur les standards internationaux de gouvernance extractive.

Orpaillage alluvionnaire : la fin annoncée de la dispersion artisanale

Autre point sensible : le système actuel de cartes d’exploitant individuel, particulièrement répandu dans l’orpaillage alluvionnaire.

Selon les autorités, ce mécanisme favorise :

la multiplication d’acteurs difficiles à contrôler ;

la fragmentation des sites ;

une faible remontée statistique des volumes réellement extraits.

La solution envisagée repose sur la structuration des exploitants artisanaux en coopératives encadrées, sous la supervision de la Direction générale de la Géologie et du ministère des Mines.

L’objectif n’est pas d’exclure les populations locales vivant dans les zones à fort potentiel aurifère, mais d’organiser l’activité pour :

sécuriser les revenus ;

formaliser les circuits ;

améliorer la collecte fiscale ;

renforcer la responsabilité environnementale.

Cette approche traduit une volonté de concilier inclusion sociale et rigueur économique.

Un partenariat stratégique à forte dimension géopolitique

L’intérêt manifesté par les partenaires émiratis pour les gisements primaires et les zones alluvionnaires n’est pas anodin. Les Émirats arabes unis se positionnent depuis plusieurs années comme un hub mondial du commerce de l’or.

Pour le Gabon, l’enjeu est double :

Attirer des investissements structurants ;

S’assurer que la valeur ajoutée bénéficie davantage à l’économie nationale.

Dans cette configuration, le partenariat ne doit pas se limiter à l’extraction, mais intégrer :

la transformation locale ;

le transfert de compétences ;

le renforcement des capacités techniques nationales.

Une réforme test pour la gouvernance extractive gabonaise

Au-delà du secteur aurifère, cette initiative constitue un test grandeur nature pour la nouvelle gouvernance économique voulue par le Président Brice Clotaire Oligui Nguema.

Si la traçabilité est effectivement mise en œuvre, si les coopératives artisanales sont structurées efficacement et si les recettes fiscales augmentent de manière tangible, le modèle pourrait être étendu à d’autres filières stratégiques.

La réussite de cette réforme dépendra toutefois de trois facteurs clés :

la rapidité d’exécution des décisions prises ;

la transparence dans l’attribution des zones prioritaires ;

la capacité de l’administration à contrôler réellement le terrain.

Vers un nouveau cycle aurifère pour le Gabon ?

En impulsant une diplomatie économique proactive et en plaçant la gouvernance des ressources au cœur de son action, le Chef de l’État imprime une nouvelle orientation stratégique : faire de l’or un moteur de diversification et non une richesse diluée dans l’informel.

La dynamique enclenchée à Libreville, dans le sillage de la visite présidentielle à Abu Dhabi, ouvre ainsi la voie à une restructuration profonde du secteur aurifère gabonais.

Si les engagements se traduisent en résultats concrets, le Gabon pourrait franchir un cap décisif : passer d’un potentiel aurifère sous-exploité et mal contrôlé à un secteur structuré, traçable et générateur de recettes accrues pour le développement national.