Par la rédaction de Globe infos.

Dans le cadre de l’opération Red Card 2.0 (carton rouge), Interpol a annoncé le 18 février l’interpellation de 651 cybercriminels présumés dans seize pays, démantèlement à l’appui d’un écosystème frauduleux évalué à 45 millions de dollars de préjudice. Un coup de filet d’envergure continentale, indique nos confrères de Brut.
Pendant des mois, les limiers d’Interpol ont quadrillé le terrain, traquant des filières criminelles hautement structurées à travers seize pays africains. Le 18 février, l’organisation internationale de police criminelle a officiellement levé le voile sur les résultats de l’opération Red Card 2.0 : 651 individus interpellés, des serveurs saisis, des réseaux démantelés. Une offensive d’une précision chirurgicale, inédite par son ampleur sur le continent.
Dans le viseur des enquêteurs : des organisations criminelles spécialisées dans deux pratiques aussi lucratives que dévastatrices. D’un côté, les fraudes transnationales sophistiquées, orchestrées depuis des hubs technologiques clandestins. De l’autre, les arnaques au mobile money, ces escroqueries au crédit qui saignent chaque jour des milliers de victimes à travers le continent, profitant de l’essor fulgurant des services de paiement mobile en Afrique subsaharienne
Des millions saisis, un gouffre financier béant
Si les autorités ont réussi à récupérer 4,3 millions de dollars une prise considérable le tableau d’ensemble demeure néanmoins amer. Le préjudice total infligé par ces réseaux prédateurs est estimé à 45 millions de dollars, selon nos confrères de Brut. La majeure partie du butin s’est donc évaporée dans les circuits opaques de la criminalité financière transnationale, rappelant avec brutalité que les cybercriminels disposent d’une longueur d’avance technologique et logistique redoutable.
Ce différentiel abyssal entre les sommes saisies et le butin réel illustre la complexité des montages financiers déployés par ces organisations criminelles. Virements fractionnés, comptes-écrans, cryptomonnaies : les techniques de blanchiment se perfectionnent à mesure que les forces de l’ordre affûtent leurs outils d’investigation numérique.
Une riposte historique, mais la guerre est loin d’être gagnée
Red Card 2.0 marque indéniablement un tournant dans la coopération sécuritaire africaine face aux prédateurs numériques. La mobilisation simultanée de seize nations, coordonnée depuis le siège genevois d’Interpol, constitue une réponse à la hauteur de la menace : transnationale, décentralisée, polymorphe.
Pourtant, les spécialistes en cybersécurité s’accordent à tempérer l’enthousiasme. Chaque réseau neutralisé laisse un vide rapidement comblé par de nouvelles structures, plus agiles, mieux camouflées. La cybercriminalité organisée fonctionne comme une hydre : couper une tête en fait surgir plusieurs autres. La guerre numérique ne se gagne pas en un seul coup de filet, aussi spectaculaire soit-il.
L’enquête se poursuit. De nouvelles interpellations sont attendues dans les prochaines semaines, alors que les autorités continuent d’exploiter les données numériques saisies lors des perquisitions. Red Card 2.0 n’est peut-être que le premier acte d’une longue bataille.
