Par Thomas René

Dans le cadre du vaste Plan de Modernisation et de Sécurisation (PMS) du chemin de fer gabonais, financé à hauteur de 150 milliards de francs CFA par le Groupe Banque Mondiale, l’institution financière a mené une immersion stratégique au cœur des installations de la SETRAG. Une mission de haut niveau conduite par Dennis Albert McLaughlin, Vice-Président en charge des Risques, venue évaluer la robustesse des dispositifs opérationnels et sécuritaires sur le terrain.
Le renouveau du chemin de fer gabonais n’est plus une simple ambition, c’est une réalité en marche soutenue par les plus hautes instances financières internationales. C’est pour toucher du doigt cette réalité que Dennis Albert McLaughlin, Vice-Président en charge des Risques (VP Risk) du Groupe Banque Mondiale, accompagné d’une délégation de la SFI (Société Financière Internationale), a effectué une visite technique aux enjeux capitaux sur les emprises ferroviaires d’Owendo.

En effet l’objectif affiché était clair : auditer in situ la maîtrise des risques liés au financement de 150 milliards de francs CFA octroyé à la SETRAG pour la réhabilitation et la sécurisation de la voie.
Culture de sécurité et immersion opérationnelle
Dès l’entame de la mission, le ton a été donné. Conformément aux standards internationaux les plus stricts, la délégation s’est soumise aux consignes de sécurité obligatoires. Plus qu’une formalité, ce préalable a été perçu comme un signal fort, témoignant de la culture de sécurité (« Safety Culture ») qui prévaut désormais au sein de la filiale du groupe Eramet.

Après une présentation détaillée des indicateurs de performance de la Société d’Exploitation du Transgabonais, les échanges se sont focalisés sur le tronçon névralgique PK2 – PK17. Cette section, véritable goulot d’étranglement logistique et humain, cristallise les défis majeurs du réseau.
Le défi critique du PK2 – PK17 : Entre pression urbaine et impératifs industriels
L’immersion sur le terrain a permis au Vice-Président de la Banque Mondiale de constater la complexité de l’équation à laquelle la SETRAG fait face. Situé dans une zone à très forte densité démographique, ce segment subit de plein fouet l’occupation anarchique du domaine ferroviaire.
Les risques y sont multiples : sécurité des riverains lors du passage des convois, intrusions sur la voie et menaces sur la continuité des opérations d’exportation. Face à la délégation, les équipes de la SETRAG ont exposé sans fard les difficultés de cette cohabitation, tout en détaillant les mesures proactives déployées : renforcement de la surveillance, ingénierie sociale et collaboration avec les autorités compétentes pour endiguer ce phénomène.

Un satisfecit pour la gestion des risques
Au terme de cette inspection rigoureuse, le bilan dressé par l’institution de Bretton Woods est positif. La mission a permis de valider la pertinence des stratégies de mitigation des risques mises en œuvre par l’opérateur ferroviaire.
Dennis Albert McLaughlin a tenu à saluer la résilience et le professionnalisme des cheminots : « Je tiens à saluer l’engagement des équipes de la SETRAG. Les défis observés, notamment sur le tronçon PK2 – PK17, sont réels et complexes. Il est essentiel de poursuivre une approche organisée pour garantir la sécurité des opérations et la pérennité des infrastructures financées. La gestion rigoureuse des risques demeure la clé de voûte de la durabilité de ce projet. »
Pour cette première visite au Gabon, le département Risques du Groupe Banque Mondiale et les représentants d’IFC Gabon repartent avec l’assurance d’un partenariat solide. Au-delà des chiffres, cette mission confirme la confiance renouvelée des bailleurs de fonds envers la SETRAG pour mener à bien la transformation durable du poumon économique du Gabon.
