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Afrique du Sud : Bellarmine Chatunga Mugabe, fils cadet de l’ex-président zimbabwéen, interpellé après une fusillade à Johannesburg

Par la rédaction.

Hyde Park, le quartier huppé du nord de Johannesburg, a été le théâtre d’une violente scène de coups de feu, mercredi 19 février. En filigrane de cette affaire trouble : le nom de Bellarmine Chatunga Mugabe, fils cadet du défunt autocrate zimbabwéen Robert Mugabe précise nos confrères de Brut Afrique.

C’est une alerte des agents de sécurité privée qui a mis le feu aux poudres. En ce mercredi soir, les vigiles de Hyde Park enclave résidentielle prisée de l’élite johannesburgeoise signalent des détonations provenant d’une villa du secteur. À leur arrivée sur les lieux, les forces de l’ordre découvrent trois hommes. L’un d’eux gît grièvement blessé par balle, dans un état critique qui nécessite une évacuation d’urgence vers le centre hospitalier le plus proche. Les deux autres, peu enclins à collaborer, sont aussitôt menottés et soumis à une audition serrée.

L’enquête se heurte d’emblée à un mur de silence. « Ils ne nous ont pas indiqué où se trouvait l’arme. Nous ne pouvons pas affirmer avec certitude qui a tiré », déclare le colonel Dimakatso, porte-parole de la police métropolitaine, qui se garde bien de lever le voile sur l’identité des deux individus appréhendés.

Pourtant, la presse sud-africaine, elle, ne tarde pas à briser l’omerta. Selon plusieurs organes de presse locaux, l’un des suspects interpellés ne serait autre que Bellarmine Chatunga Mugabe, le benjamin de Robert Mugabe et de son épouse Grace. Plus troublant encore : la villa au cœur de cette affaire lui appartiendrait.

Les premières conclusions de l’enquête esquissent un scénario aussi banal que sordide. La fusillade aurait éclaté à la suite d’une altercation entre les deux suspects et des jardiniers employés sur la propriété. « Il a été allégué que le jardinier ne s’était pas présenté au travail et qu’il y avait eu une sorte de dispute », précise le colonel Dimakatso, soulignant l’issue explosive d’un différend en apparence anodin.

Face à la gravité des faits, les autorités ont déployé des unités cynophiles afin de retrouver l’arme du crime, toujours introuvable à l’heure où ces lignes sont écrites. Selon un communiqué officiel de la police sud-africaine, le ou les suspects devront prochainement répondre de leurs actes devant le tribunal de Johannesburg.

Cette affaire jette une lumière crue sur les frasques de Bellarmine Chatunga Mugabe, déjà coutumier des scandales. Le fils prodigue et dispendieux de l’ancien homme fort de Harare avait défrayé la chronique par le passé pour ses excès ostentatoires sur les réseaux sociaux, arrosant ses montres de luxe de champagne en guise de provocation. Une trajectoire sulfureuse qui prend aujourd’hui une tournure nettement plus judiciaire.