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Gabon : diplomatie économique et repositionnement stratégique, la journée charnière de Brice Clotaire Oligui Nguema

Par la rédaction de Globe infos.

Libreville, le 19 février 2026. En l’espace de quarante-huit heures, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a enchaîné trois audiences à forte portée stratégique : le PDG de Coris Bank International, le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique centrale et l’ambassadeur de France. Trois séquences distinctes, mais un fil conducteur clair : consolider la crédibilité internationale du Gabon post-transition et accélérer son ancrage dans une diplomatie économique assumée.

En effet à travers ces rencontres, le chef de l’État met en scène une ambition : transformer l’attractivité politique retrouvée en levier d’investissement, tout en sécurisant ses partenariats stratégiques.

Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA avec le DG de Coris Bank

Coris Bank : le signal fort envoyé aux marchés financiers

L’audience accordée à Idrissa Nassa, fondateur et PDG de Coris Bank, dépasse le simple protocole. L’annonce de l’implantation prochaine du groupe bancaire au Gabon constitue un marqueur fort pour l’économie nationale.

Née au Burkina Faso, Coris Bank s’est imposée comme un acteur bancaire panafricain présent en Afrique de l’Ouest et désormais en Afrique centrale. Son arrivée au Gabon envoie un double message :

Aux investisseurs internationaux : le climat des affaires gabonais est jugé suffisamment stable pour accueillir un groupe bancaire régional majeur.

Au secteur privé local : de nouvelles capacités de financement pourraient émerger, notamment pour les PME/PMI et les projets structurants.

Dans un contexte où le gouvernement ambitionne d’interdire l’exportation brute de manganèse à l’horizon 2029, l’accès au financement devient crucial. L’installation annoncée d’un siège à long terme renforce la crédibilité de cette implantation et suggère une stratégie d’enracinement plutôt qu’un simple positionnement opportuniste.

En toile de fond, c’est la question du financement de la transformation industrielle qui se joue.

Ici avec le représentant onusien

ONU : validation internationale de la sortie de transition

La réception de Abdou Abarry, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies et chef de l’UNOCA, intervient à un moment symbolique : la fin de son mandat après trois ans et demi au Gabon.

Au-delà des adieux diplomatiques, le message est politique.

Nommé en août 2022 dans un contexte préélectoral sensible, Abdou Abarry aura traversé les événements du 30 août et la période de transition. Son appréciation positive des avancées institutionnelles constitue une forme de validation internationale du processus engagé.

Pour Libreville, l’enjeu est capital :

Rassurer les partenaires multilatéraux

Consolider l’image d’un pays stabilisé

Tourner définitivement la page de l’incertitude politique

Dans les équilibres sous-régionaux d’Afrique centrale, le positionnement du Gabon est stratégique. L’appui implicite de l’ONU renforce la posture d’un État qui se veut désormais acteur de stabilité régionale.

Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA avec l’ambassadeur de France

France–Gabon : vers un partenariat recalibré

Troisième temps fort : l’audience accordée à Fabrice Mauries, ambassadeur de France, dans la continuité de la récente visite du président Emmanuel Macron à Libreville.

Les discussions ont porté sur la transformation locale du manganèse dossier stratégique ainsi que sur les activités de Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), acteur majeur du secteur.

L’accent mis sur la montée en valeur locale traduit une évolution du paradigme économique gabonais :
le pays ne veut plus être seulement exportateur de matière première brute, mais transformateur industriel.

Les projets portés par Suez et ELIG dans l’énergie, l’eau et les infrastructures confirment également la dimension pragmatique du partenariat franco-gabonais.

Cependant, la relation semble entrer dans une phase de rééquilibrage :

davantage axée sur les investissements productifs,

moins centrée sur la seule coopération politique,

plus alignée sur les priorités de souveraineté économique du Gabon.

Une diplomatie à trois axes : finance, multilatéralisme, partenariats bilatéraux

En condensé, la journée présidentielle dessine une architecture diplomatique claire :

  1. Attraction des capitaux africains (Coris Bank)
  2. Validation multilatérale (ONU)
  3. Consolidation des partenariats historiques (France)

Cette triangulation révèle une stratégie cohérente :
diversifier les appuis sans rompre les alliances, tout en repositionnant le Gabon comme plateforme financière et industrielle en Afrique centrale.

Le pari de la crédibilité

Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, l’enjeu est désormais moins la transition politique que la transformation économique.

L’attractivité ne se décrète pas : elle se démontre.
L’implantation bancaire, l’intérêt des investisseurs et la reconnaissance diplomatique constituent des indicateurs positifs. Mais la réussite dépendra :

de la stabilité réglementaire,

de la transparence institutionnelle,

et de la capacité à traduire les annonces en réalisations concrètes.

En définitive, une mise en scène maîtrisée du repositionnement gabonais

La séquence diplomatique des 18 et 19 février 2026 ne relève pas du simple agenda protocolaire. Elle s’inscrit dans une stratégie de communication et de repositionnement.

En réunissant finance panafricaine, diplomatie onusienne et partenariat franco-gabonais autour d’une même narration, celle d’un Gabon stabilisé, attractif et tourné vers la transformation, le chef de l’État imprime sa marque.

Reste désormais à transformer cette dynamique diplomatique en croissance tangible, emplois durables et industrialisation effective.

Car au-delà des audiences, c’est sur le terrain économique que se jouera la crédibilité internationale du Gabon nouvelle ère.