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Carmen Ndaot alerte : comment les réseaux sociaux détruisent la jeunesse gabonaise

Par Thomas René pour Globe infos.

Carmen Ndaot tire la sonnette d’alarme sur la dépendance des enfants aux réseaux sociaux .

À l’ère du numérique, le Gabon fait face à une crise silencieuse mais préoccupante : l’addiction croissante de sa jeunesse aux réseaux sociaux. Dans une tribune récente, l’ancienne ministre Carmen Ndaot tire la sonnette d’alarme sur les risques sanitaires, éducatifs et sociaux liés à un usage incontrôlé des plateformes numériques et appelle à une action collective pour protéger l’avenir du pays.

Carmen Ndaot occupant les enfants un après midi à port-Gentil.

Une jeunesse coupée de ses repères

En effet, pour Carmen Ndaot, la jeunesse gabonaise se retrouve progressivement isolée, prisonnière d’un univers virtuel qui remplace l’école, la famille et la culture. Facebook, TikTok, Snapchat ou Instagram, initialement conçus pour connecter et informer, deviennent des vecteurs de contenus violents, sexuels ou incitatifs à la cybercriminalité.

« Nos enfants sont prisonniers d’internet. Des heures interminables passées devant leurs écrans, souvent jusqu’à l’aube, à consommer des contenus inappropriés… »

Les conséquences sont tangibles : isolement, troubles psychologiques, baisse de motivation scolaire, désintérêt pour la lecture et dégradation des valeurs familiales et culturelles.

Carmen Ndaot lors d’un exercice avec les enfants

Parents et société : des responsabilités partagées

L’ancienne ministre souligne également la part de responsabilité des adultes. L’accès précoce aux smartphones et l’absence de surveillance adéquate exposent les mineurs à des contenus dangereux. Elle dénonce la double addiction des parents et enfants :

Les parents dépassés par l’usage des technologies.

Les enfants absorbés par des contenus numériques nocifs.

Pour Ndaot, l’éducation numérique doit devenir un enjeu national, conciliant modernité et transmission des valeurs traditionnelles.

Leçons à tirer des expériences internationales

Face à ce phénomène global, plusieurs pays ont déjà légiféré pour protéger les mineurs : Chine, Danemark et France ont fixé des limites strictes sur l’usage des réseaux sociaux. Carmen Ndaot propose des mesures concrètes pour le Gabon :

Majorité numérique fixée à 15 ans.

Couvre-feu numérique pour les 15-18 ans, de 22h à 8h.

Responsabilité des publications pour lutter contre diffamation, injures et fake news.

Droit à l’oubli renforcé pour les mineurs, pour supprimer les contenus publiés avant 18 ans.

Mécanismes de signalement obligatoires pour les plateformes et lutte contre le cyberharcèlement.

Ces mesures visent à garantir un usage responsable des technologies tout en préservant l’équilibre mental et social des jeunes.

Entre innovation et tradition : le défi gabonais

L’alerte de Carmen Ndaot rappelle que le Gabon, comme beaucoup de pays africains, doit apprendre à encadrer l’innovation numérique sans sacrifier ses valeurs culturelles et éducatives. La question n’est plus de refuser le progrès, mais de définir un cadre sécurisé pour que le numérique devienne un levier d’éducation et non un facteur de destruction.

« Protéger notre jeunesse, c’est garantir l’avenir du Gabon. »

Pour l’ancienne ministre, une mobilisation collective est indispensable : parents, enseignants, décideurs et plateformes numériques doivent collaborer pour instaurer des règles claires et adaptées aux réalités gabonaises.

Conclusion : l’urgence d’une législation numérique au Gabon

Alors que l’usage des réseaux sociaux s’intensifie, la protection des mineurs devient une priorité nationale. L’exemple d’autres pays montre qu’une réglementation préventive combinée à la sensibilisation peut limiter les risques et responsabiliser les jeunes. Le Gabon doit agir pour que sa jeunesse puisse profiter des bénéfices du numérique sans compromettre son éducation, sa santé mentale et ses valeurs fondamentales.