Par Alphonsine MADJILEM notre correspondante à N’Damena

N’Djamena, 9 février 2026. La scène est devenue récurrente, et c’est précisément ce qui lui donne toute sa portée politique. En recevant, au Palais présidentiel, trois diplomates tchadiennes récemment promues à des fonctions internationales de premier plan, le Président de la République, Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, a une nouvelle fois illustré une orientation désormais assumée : faire de la parité homme-femme un pilier structurant de la diplomatie tchadienne.

La parité, d’exception symbolique à norme institutionnelle
En effet, longtemps perçue comme un objectif lointain, la parité s’impose progressivement comme une norme dans l’architecture décisionnelle de l’État tchadien. La promotion de Mariam Mahamat Nour à la Vice-présidence de la Commission de la CEEAC, d’Amina Priscille Longoh au poste d’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Tchad en France, et de Mariam Ali Moussa comme Ambassadeur auprès du Royaume de Belgique et de l’Union européenne en est l’illustration la plus récente.
Ces nominations ne relèvent pas d’un simple affichage politique. Elles traduisent une volonté claire d’intégrer durablement les compétences féminines dans les cercles où se définissent les intérêts stratégiques du pays.

Saluer une dynamique politique assumée
En saluant cette dynamique, nombre d’observateurs voient dans ces choix une maturation de la gouvernance tchadienne. Le Chef de l’État envoie un signal fort : la parité n’est pas un slogan, mais un levier d’efficacité diplomatique. Dans un environnement international marqué par la complexité des négociations et la recomposition des alliances, diversifier les profils et les approches devient un impératif stratégique.

À l’échelle mondiale, les études et les pratiques diplomatiques convergent : lorsque les femmes participent pleinement aux processus de négociation, de médiation et de coopération, les résultats gagnent en profondeur et en durabilité.
Des femmes aux postes clés, un choix stratégique
La portée de ces promotions est d’autant plus significative qu’elles concernent des espaces diplomatiques majeurs. La CEEAC, la France, l’Union européenne : trois pôles où se croisent enjeux sécuritaires, intégration régionale, financements du développement et coopération multilatérale.

En confiant ces missions à des femmes, le Tchad affirme que la compétence prime sur les considérations de genre, tout en reconnaissant la nécessité de corriger des déséquilibres historiquement installés.
Parité et modernisation de l’État
Cette intensification de la parité homme-femme s’inscrit dans une vision plus large de modernisation de l’action publique. Investir dans la formation, le mentorat et l’accès équitable aux responsabilités permet non seulement de renforcer la légitimité des institutions, mais aussi d’améliorer la qualité de la représentation internationale.
L’égalité ainsi promue devient un avantage comparatif, capable de renforcer la crédibilité du Tchad auprès de ses partenaires et d’aligner son action diplomatique sur les standards internationaux contemporains.
Une diplomatie à l’image de la société
À travers ces choix, le pouvoir tchadien semble acter une réalité démographique et sociale : les femmes représentent une force vive indispensable au développement du pays. Les intégrer pleinement dans la diplomatie, c’est reconnaître leur rôle central dans la construction de solutions durables, tant sur le plan national qu’international.
En définitive, la réception des trois diplomates par le Chef de l’État dépasse le cadre protocolaire. Elle consacre une orientation politique claire, saluée comme un pas décisif vers une diplomatie inclusive, moderne et résolument tournée vers l’avenir.
