Par la rédaction.

Dans un communiqué de presse diffusé ce lundi 9 février 2026 sur son compte Facebook, l’organisation non gouvernementale SOS Prisonniers, dirigée par Lionel Engonga, ancien parlementaire de la transition, dénonce avec véhémence ce qui s’apparente à des « entraves systématiques » au droit de visite dont ferait l’objet l’activiste Bob Mengome, placé en détention provisoire depuis le 19 janvier dernier.
« Ce lundi 9 février 2026, SOS Prisonniers Gabon a saisi le Procureur général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville concernant la situation préoccupante de Sieur Bob Mengome, écroué pour des faits présumés de trouble à l’ordre public », précise le communiqué de l’organisation non gouvernementale.
Un blocage inexpliqué et contraire à la légalité des visites familiales
Plus préoccupant encore, l’ONG révèle que depuis son placement en détention provisoire, les proches du détenu se verraient systématiquement opposer un refus d’accès, en dépit de la présentation régulière d’un permis de communiquer dûment délivré par les autorités judiciaires compétentes.
Aucune décision écrite, motivée ou juridiquement fondée ne viendrait justifier ces interdictions répétées. Le dimanche 8 février 2026, ses parents se seraient à nouveau présentés aux portes de la Prison centrale de Libreville. L’accès leur aurait été purement et simplement refusé, sans la moindre justification. Depuis plusieurs semaines désormais, la famille de Bob Mengome affirme demeurer sans nouvelles de leur proche.
Une violation manifeste du cadre réglementaire pénitentiaire
Cette situation, souligne l’organisation qui a érigé la défense des droits des personnes détenues en combat prioritaire, contrevient manifestement à l’article 23 de l’Arrêté n°0018 portant règlement intérieur des établissements pénitentiaires, lequel garantit trois visites hebdomadaires au détenu muni d’un permis de communiquer.
« Bob Mengome n’a pas encore comparu devant ses juges. Il bénéficie par conséquent de la présomption d’innocence. Toute restriction de ses prérogatives doit être rigoureusement nécessaire et légalement motivée », insiste l’organisation pilotée par l’ancien député de la transition.
Un faisceau de violations des droits fondamentaux
L’ONG va plus loin en soulignant que la privation prolongée de contacts familiaux constituerait d’ores et déjà une atteinte flagrante à l’article 15 de la Constitution gabonaise consacrant la dignité humaine ; une transgression de l’article 10 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques ; et un manquement aux Règles Nelson Mandela ainsi qu’aux principes africains régissant les conditions de détention.
« Priver un détenu de toute interaction avec ses proches, en l’absence de fondement juridique, porte gravement atteinte à sa dignité, à son équilibre psychologique et à ses droits inaliénables », dénonce fermement SOS Prisonniers Gabon.
Un appel solennel au Procureur général
Au regard de ces éléments accablants, et refusant de demeurer spectatrice de ces dérives, l’organisation sollicite l’intervention d’urgence du Procureur général afin que la situation de Bob Mengome soit élucidée sans délai et que ses droits de visite et de communication soient, le cas échéant, immédiatement rétablis dans leur plénitude.
Cette affaire soulève des interrogations cruciales sur le respect de l’État de droit et des garanties fondamentales accordées aux personnes en détention préventive au Gabon, alors que le pays traverse une phase décisive de sa transition politique.
Pour rappel, l’activiste Bob Mengome a été conduit ce lundi 19 janvier 2025 au Parquet de la République, avant d’être présenté au juge d’instruction. Assisté de son conseil, Me Jean-Paul Moumbembé, l’activiste a fait l’objet d’une mise en examen portant sur plusieurs chefs d’accusation, notamment des faits qualifiés de troubles à l’ordre public et d’incitation à la haine.
