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Gabon – Politique | Conseil des Ministres : Justine Judith Lekogo décrypte les enjeux et tire la sonnette d’alarme

La rédaction.

Honorable Justine Judhite Lekogo

Le jeudi 29 janvier dernier s’est tenu au palais de la Rénovation de Libreville un Conseil des ministres placé sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema, chef de l’État et du gouvernement. Au terme de cette grand-messe politique, ponctuée de nominations stratégiques et de décisions d’envergure, Justine Judith Lekogo, députée du deuxième arrondissement de Franceville (Haut-Ogooué), a livré une analyse aussi lucide que sans concession.

Pour l’élue du Haut-Ogooué sur le compte de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), ce Conseil des ministres constitue indéniablement une césure politique majeure. « Pour la première fois, l’État reconnaît publiquement ses propres défaillances structurelles, et c’est un aveu rare, presque inédit », souligne la parlementaire, qui y perçoit un triple signal : la fin du déni face à la crise sociale et administrative, une reprise en main résolument centralisée autour de la figure présidentielle, et une volonté manifeste de rassurer les partenaires sociaux, financiers et internationaux.

Des réformes ambitieuses scrutées par la Commission Finances

Vice-présidente de la Commission des Finances, Justine Judith Lekogo salue le caractère modernisateur des réformes annoncées, tout en adoptant une posture de vigilance institutionnelle. « L’absence de calendrier précis, d’objectifs chiffrés et d’indicateurs publics fragilise considérablement le discours », avertit-elle. Pour la responsable budgétaire, la crédibilité de toute politique publique repose sur sa traçabilité et son évaluabilité – deux critères qu’elle entend examiner de près dans le cadre de ses prérogatives parlementaires.

L’expertise de l’économiste au service du pouvoir d’achat

Forte de son bagage d’économiste-économètre et de son expérience d’ancienne économiste locale au Fonds monétaire international (FMI), Justine Judith Lekogo pointe un hiatus préoccupant : le mutisme gouvernemental sur les mesures d’urgence relatives au pouvoir d’achat. « Ce silence me semble en complet décalage avec la réalité vécue quotidiennement par les ménages gabonais », déplore la spécialiste des politiques publiques, qui plaide pour une prise en compte immédiate des difficultés socio-économiques des citoyens.

Des risques identifiés par une technicienne aguerrie

Rompue aux mécanismes de gestion macroéconomique et de partenariats public-privé (PPP), la députée identifie « des risques sociaux et économiques non négligeables » dans certaines décisions gouvernementales. Son verdict tombe, implacable : « Ce Conseil ne sera pas jugé sur les intentions, aussi séduisantes soient-elles, mais sur des résultats concrets et visibles dans les six prochains mois. » Un ultimatum politique qui engage la responsabilité de l’exécutif sur un horizon temporel court.