Par la rédaction de Globe infos.

Dans le cadre d’une vaste campagne de sensibilisation destinée à informer les salariés du secteur privé gabonais, les administrateurs de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) ont poursuivi leur tournée pédagogique. Après la zone économique spéciale de Nkok, la délégation s’est déployée à Owendo ce mercredi 28 janvier 2026, investissant successivement Owendo Container Terminal (OCT) et la Société des Boissons Rafraîchissantes du Gabon (SOBRAGA).
La mission demeure inchangée : expliciter les fondements ayant présidé à la revalorisation substantielle des taux de cotisations au régime des pensions de retraite. « Concernant l’OCT, je peux vous garantir que le paramétrage technique a été effectué », a déclaré Bengone Martial, Directeur des ressources humaines de l’entreprise portuaire. Le responsable RH a convié les représentants de la CNSS à demeurer mobilisés auprès des employés et employeurs pour une clarification approfondie des nouvelles grilles de prélèvements sociaux, particulièrement sur le volet pension retraite.
Même son de cloche du côté de Sobraga. « C’est avec un réel intérêt que nous vous accueillerons pour dissiper nos interrogations. Car, après avoir pris connaissance des informations relatives aux nouveaux taux, l’effet a été saisissant. Une certaine anxiété nous habite, notamment nous qui approchons du terme de notre carrière professionnelle », a confié l’un des cadres dirigeants de la Sobraga.

Du côté des responsables syndicaux de o’OCT et de la brasserie, une tension palpable régnait en ouverture de la présentation. Notamment en ce qui concerne le passage de 2,5 à 5 % l’augmentation de prélèvements chez les travailleurs. Néanmoins, suite aux éclaircissements méthodiques prodigués par l’expert mandaté, les délégués du personnel se sont affirmés pleinement édifiés quant aux motivations de cette mutation décisive pour les futurs pensionnés qu’ils deviendront.
La pédagogie, rempart contre les tensions sociales
L’approche didactique s’avère cruciale pour prévenir les crispations et contestations. C’est précisément cette philosophie qui a incité les administrateurs de la CNSS à multiplier les rencontres au sein des grandes entreprises, afin d’expliciter aux travailleurs les raisons véritables sous-tendant la révision tarifaire de la branche pension, consécutive au décret n°0487/PR/MASI du 18 décembre 2025, promulgué fin décembre 2025 et opérationnel depuis le 1er janvier 2026.

Un passif accablant, un avenir consolidé malgré les frustrations
Durant de nombreuses années, un constat implacable s’imposait. Le spectacle désolant de nombreux anciens employés du secteur privé manifestant dans les artères pour réclamer le versement de leurs pensions constituait une réalité récurrente. Derrière ces mobilisations, se dissimulait pourtant une vérité alarmante : la caisse, du moins sa composante pension, affichait déjà un déficit chronique. Les études actuarielles, notamment celles du cabinet Finactu, n’ont cessé d’interpeller les autorités gouvernementales.
Sans intervention urgente, l’échéance de 2030 représentait le point de non-retour pour la pérennité de l’institution, ont averti les experts. À l’initiative de la FESTAC et de la CNSS, une table ronde a réfléchi aux solutions et tiré la sonnette d’alarme en décembre 2025. Pragmatiques, les nouvelles autorités compétentes ont, dans l’urgence, acté la décision de rehausser significativement le taux de prélèvements. Ce dernier atteint désormais le seuil à deux chiffres de 16 % (11 % à la charge de l’employeur, 5 % supportés par le salarié).
Cette mesure se justifie d’autant plus qu’en matière de cotisations sociales sur la branche pension, le Gabon occupait, parmi un panel de 14 nations, l’avant-dernière position concernant le taux de contribution le plus faible. Situation qui expliquait amplement les mobilisations récurrentes des retraités à travers le territoire national. L’augmentation des taux de prélèvements s’imposait donc comme une nécessité impérieuse pour garantir la viabilité du système.
