Par la rédaction.

Dans une déclaration largement relayée sur les plateformes numériques dans la nuit du 27 janvier dernier, les neuf représentants du mouvement « SOS Éducation la base » ont appelé leurs collègues à travers tout le pays à réintégrer les établissements scolaires. Cette annonce intervient après que le gouvernement a accédé à leurs revendications, venues s’ajouter à celles portées initialement par d’autres organisations syndicales.
Au terme d’un mois de mobilisation sans précédent qui a paralysé le secteur éducatif gabonais, le collectif SOS Éducation la base annonce des avancées substantielles. Ces acquis sont le fruit de trois journées de tractations acharnées avec les autorités gouvernementales, menées dans un climat de tension exacerbée par la détention de deux figures syndicales majeures.
Les points clés de l’accord complémentaire
Trois axes majeurs constituent le socle de cet accord historique. Premier engagement : le recrutement immédiat de 800 bénévoles et l’intégration des diplômés fraîchement sortis de l’École normale supérieure (ENS) et de l’École normale des instituteurs (ENI) dès la fin du mois en cours.
Deuxième acquis : l’établissement d’un échéancier précis garantissant la création progressive des 4000 postes tant attendus par la communauté enseignante. Cette promesse, longtemps réclamée, dispose désormais d’un calendrier détaillé censé rassurer les professionnels de l’éducation.
Troisième victoire symbolique : la mise en liberté provisoire des leaders syndicaux Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, dont la détention jugée «arbitraire» par eux avait exacerbé les tensions et mobilisé la société civile au-delà du seul corps enseignant.
Un collectif qui reste en sentinelle
Malgré ces avancées, le mouvement affirme sa détermination à assurer un contrôle rigoureux de l’application effective de ces engagements gouvernementaux conscients que les promesses doivent se traduire en actes concrets.
Face à la satisfaction quasi-intégrale de leurs doléances, les porte-parole du collectif appellent formellement à la reprise des activités pédagogiques. Tous les signaux semblent désormais orienter vers un retour dans les salles de classe et, par conséquent, vers un dénouement de cette crise qui aura tenu le pays en haleine pendant plusieurs semaines.
L’équation de la base : entre espoir et prudence
Toutefois, au-delà de cette sortie médiatique nocturne, une interrogation fondamentale demeure : quelle sera la réaction des enseignants de terrain face à cette prise de position de leurs porte-parole ? Entre satisfaction pour les acquis obtenus et méfiance légitime envers des engagements gouvernementaux dont l’histoire a parfois montré la fragilité, une assemblée générale décisionnelle serait très importante pour apprécier.
Cette décision collective déterminerait l’issue réelle de ce conflit social d’envergure. Les établissements scolaires gabonais retiennent leur souffle en attendant le verdict du terrain, seul arbitre capable de valider ou d’infirmer cet appel à la normalisation lancé par les neuf représentants de « SOS Éducation la base ».
