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Gabon : la SAEG SA et ASSALA scellent un partenariat stratégique pour structurer la commercialisation agricole

Par Thomas René pour Globe infos.

À Libreville, la Société d’Agriculture et d’Élevage du Gabon (SAEG SA) et ASSALA Gabon ont officialisé un partenariat stratégique visant à structurer la collecte et la commercialisation des productions agricoles locales. Une initiative présentée comme un levier concret de souveraineté alimentaire, de sécurisation des revenus agricoles et de lutte contre la vie chère.

Le Directeur général de la SAEG et son homologue d’Assala scellant le partenariat

En effet, c’est dans une des salles de réunion du 8ᵉ étage d’un hôtel de la capitale gabonaise que les discours se voulaient sobres, face aux enjeux, eux, considérables. Ce jeudi, la Société d’Agriculture et d’Élevage du Gabon (SAEG SA) et ASSALA Gabon ont paraphé un accord de partenariat stratégique destiné à organiser, pour la première fois à cette échelle, la collecte, le regroupement et la commercialisation des productions agricoles locales issues des zones d’intervention d’ASSALA, notamment dans l’Ogooué-Maritime et la Ngounié.

Autour de la table, responsables institutionnels, représentants de coopératives agricoles, partenaires techniques et acteurs du développement rural. Tous conscients qu’au-delà d’une simple convention, c’est un maillon longtemps défaillant de la chaîne agricole gabonaise qui est ici consolidé.

Le Président du conseil d’administration de la SAEG Patrick M. Amvame Ndong, prononçant son allocution

Structurer les débouchés, condition de la souveraineté alimentaire

Dans son allocution d’ouverture, Patrick M. Amvame Ndong, président du conseil d’administration de la SAEG SA, a rappelé la portée stratégique de cet accord dans un contexte marqué par la dépendance alimentaire et la flambée des prix.

« Produire ne suffit pas. Tant que les producteurs ne disposent pas de débouchés sécurisés, l’agriculture restera une activité de subsistance. Ce partenariat vise à transformer la production agricole en véritable activité économique structurée », a-t-il souligné.

L’initiative s’inscrit pleinement dans la dynamique impulsée par les autorités gabonaises à la tête desquelles, Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA Président de la République chef de l’État chef de Gouvernement, pour accélérer la souveraineté alimentaire, réduire les importations et atténuer les effets de la vie chère sur les ménages.

Mme la Présidente de la coopérative en rouge au milieu posant lors de la cérémonie

Mettre fin aux pertes post-récoltes

Depuis plusieurs années, ASSALA Gabon accompagne des coopératives agricoles autour de ses sites pétroliers, notamment à Gamba et dans la Ngounié. Un accompagnement qui a permis d’améliorer les rendements, sans toutefois résoudre une difficulté majeure : l’écoulement des produits.

« Les producteurs arrivaient à produire, mais faute de marchés organisés, une partie importante des récoltes était perdue », explique Aubert Ndjila, directeur général de la SAEG SA.
« Désormais, le risque économique est maîtrisé. La SAEG achète les productions, organise la logistique et garantit l’accès au marché. »

Le DG de la SAEG Aubert Ndjila, attentif

Un dispositif opérationnel inédit

Concrètement, l’accord prévoit :

la collecte des productions au plus près des bassins agricoles ;

leur transport sécurisé vers les centres urbains ;

le regroupement des volumes ;

et leur commercialisation via des circuits réguliers et identifiés.

Les produits approvisionneront notamment les marchés de proximité du CTRI construits par l’État au PK8, Oloumi et Akanda, en lien avec les associations de commerçantes de Libreville, favorisant ainsi le locavorisme et la consommation des produits du terroir gabonais.

ASSALA, un engagement sociétal assumé

Pour ASSALA Gabon, ce partenariat marque une nouvelle étape dans sa politique de responsabilité sociétale.

« Il ne s’agissait plus seulement de soutenir la production, mais de proposer une solution durable pour l’écoulement des produits, en cohérence avec les priorités nationales », a déclaré Edgar Mba Ognane, directeur général d’ASSALA Gabon.

Une approche saluée par les acteurs locaux, qui y voient un exemple de convergence entre secteur privé, État et communautés rurales.

Les producteurs entre soulagement et espoir

Du côté des coopératives, l’annonce est accueillie avec un soulagement palpable.
Ida Engone Minkoué, présidente de la SCOOP agro-pastorale du Gabon, résume l’enjeu :

« Nos produits seront désormais transportés gratuitement, conservés dans de bonnes conditions et acheminés jusqu’à Libreville sans se détériorer. C’est une rupture majeure pour les agriculteurs de l’intérieur du pays. »

Former des agri-entrepreneurs

Partenaire technique du projet, l’IGAD, engagé depuis deux ans aux côtés d’ASSALA dans la zone de Gamba, insiste sur l’effet structurant de la sécurisation des marchés.

« Former à produire ne suffit pas. Il faut former à vendre. Ce partenariat va encourager l’augmentation des superficies cultivées et professionnaliser les exploitations », souligne son directeur général.

Vers un modèle national ?

La SAEG SA et ASSALA entendent faire de ce dispositif un modèle reproductible à l’échelle nationale. Les indicateurs sont déjà identifiés : volumes collectés, amélioration des revenus agricoles, création d’emplois ruraux et réduction progressive des importations alimentaires.

Les actions opérationnelles débuteront immédiatement, avec la mise en place d’un cadre de coordination et de suivi chargé d’assurer l’efficacité et la transparence du mécanisme.

Pour de nombreux observateurs, cet accord pourrait bien marquer un tournant discret mais décisif dans la transformation de l’agriculture gabonaise.