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[Fake news] sur la Douane gabonaise : l’État usurpé, les citoyens piégés, l’impunité en question

Par Thomas René pour Globe infos.

Un faux avis de vente aux enchères publiques de véhicules, attribué à la Douane gabonaise, circule depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux. Derrière ce document à l’apparence officielle se cache une réalité autrement plus grave : une escroquerie organisée, répétée et manifestement tolérée par l’inaction, qui continue de piéger des citoyens honnêtes sous le regard impuissant ou indifférent des autorités compétentes.

Fake news sur la vente aux enchères de véhicules par la douane gabonaise

Une arnaque rodée, un scénario bien connu

Le procédé est désormais classique : un faux communiqué, un cachet scanné, une signature usurpée du Directeur général des Douanes et Droits indirects, puis une diffusion massive sur Facebook et WhatsApp. Le tout savamment orchestré pour donner l’illusion d’une procédure administrative régulière.

Pourtant, aucune vente aux enchères publiques de véhicules n’est programmée par la Douane gabonaise au mois de janvier, confirment des sources internes à la Direction régionale de Libreville. Le document est faux. Grossièrement faux, même, à l’analyse. Mais suffisamment crédible pour piéger des dizaines de personnes prêtes à verser de l’argent dans l’espoir d’acquérir un véhicule à moindre coût.

Quand l’usurpation de l’État devient un business

Ce qui choque aujourd’hui n’est pas seulement l’existence de cette fraude, mais sa récurrence. Selon un agent des Douanes, ces faux avis de ventes aux enchères circulent régulièrement, utilisant toujours les mêmes ressorts : la précarité économique, la crédulité forcée et la confiance accordée aux symboles de l’État.

« Ce communiqué n’émane pas de nos services. Le cachet et la signature ont été scannés. L’administration des Douanes communique exclusivement par des canaux officiels et publics », tranche la source, rappelant que la dernière véritable vente aux enchères, organisée en septembre dernier, avait fait l’objet d’une communication formelle et transparente.

Mais combien de victimes avant que ces réseaux ne soient neutralisés ? Combien de plaintes étouffées, de pertes financières passées sous silence, de citoyens livrés à eux-mêmes face à une cybercriminalité de plus en plus audacieuse ?

Une impunité préoccupante, une responsabilité collective engagée

À ce stade, la question n’est plus de savoir s’il s’agit d’une escroquerie, mais pourquoi ces réseaux continuent d’opérer librement.
L’usurpation de l’autorité de l’État, la falsification de documents administratifs et l’escroquerie en bande organisée constituent des infractions graves. Leur répétition pose un problème fondamental de réponse judiciaire, de surveillance numérique et de protection des citoyens.

Il est temps que les autorités judiciaires, les services de sécurité et les unités spécialisées dans la cybercriminalité prennent la pleine mesure de cette dérive. Ces individus ne sont pas de simples escrocs opportunistes : ce sont des prédateurs numériques, des bandits modernes qui prospèrent sur l’absence de sanctions visibles.

Vigilance citoyenne : la seule défense face au silence

En l’absence d’une riposte ferme et publique, la vigilance reste l’unique rempart. Les citoyens sont appelés à la plus grande prudence face à toute annonce de vente aux enchères, de recrutement ou d’opération administrative diffusée en dehors des canaux officiels de l’État.

Aucune administration sérieuse ne demande de paiements anticipés via les réseaux sociaux. Aucun service public ne procède par messages privés ou groupes Facebook.

La Douane gabonaise l’a clairement indiqué : elle ne saurait être tenue responsable des préjudices subis par ceux qui se laisseraient entraîner dans les procédures décrites par ce faux communiqué.

L’urgence d’un signal fort

Au-delà de cette affaire, c’est la crédibilité de l’action publique qui est en jeu. Tant que ces réseaux d’escroquerie continueront d’agir sans être inquiétés, c’est la confiance des citoyens envers l’État qui s’érodera davantage.

Il appartient désormais aux autorités de mettre hors d’état de nuire ces bandits de grand chemin numériques, non par des communiqués, mais par des arrestations, des poursuites et des condamnations exemplaires.

À défaut, le silence deviendra complicité.