Par Thomas René pour Globe infos.
Libreville, 7 janvier 2026. La grève des enseignants, déclenchée dès la reprise des cours, place de nouveau le système éducatif gabonais sous tension. À la tête du ministère de l’Éducation nationale depuis plusieurs années, Camélia Ntoutoume Leclercq, récemment reconduite au gouvernement, se retrouve confrontée à une crise sociale récurrente aux implications scolaires, politiques et institutionnelles majeures.

Une grève des enseignants déclenchée dès la reprise des cours
Le mouvement de grève a été observé dans plusieurs établissements dès les premiers jours de la rentrée scolaire. Il touche aussi bien le primaire que le secondaire, avec des taux de suivi variables selon les provinces et les bassins pédagogiques. Cette mobilisation intervient dans un contexte marqué par une lassitude croissante du corps enseignant, confronté à des difficultés persistantes dans l’exercice de sa mission.

Une réaction rapide du ministère de l’Éducation nationale
Face à l’ampleur de la situation, la ministre d’État, Camélia Ntoutoume Leclercq, a engagé une réponse immédiate. Une visioconférence a réuni les Directeurs de zones académiques (DZA) et les Directeurs d’académies provinciales (DAP) afin de dresser un état des lieux précis de la grève sur l’ensemble du territoire.
Dans le même temps, des échanges directs ont été menés avec les chefs d’établissements du Grand Libreville, zone stratégique concentrant une part importante des effectifs scolaires. L’objectif affiché est double : comprendre les réalités du terrain et identifier des solutions urgentes susceptibles de permettre une reprise effective des cours.

Vacations impayées et blocages administratifs au cœur des revendications
Les revendications portées par les enseignants s’inscrivent dans une dynamique de long terme. Elles concernent principalement le paiement des vacations, la régularisation des situations administratives, (intégrations, avancements, reclassements, ainsi que l’amélioration des conditions de travail).
Ces revendications traduisent un malaise profond au sein d’un corps professionnel essentiel au développement du pays, mais souvent confronté à des lenteurs administratives et à une précarité institutionnelle qui alimentent le sentiment d’abandon.
Camélia Ntoutoume Leclercq, une ministre inscrite dans la durée
Après avoir présenté sa démission conformément à la loi en novembre dernier, Camélia Ntoutoume Leclercq a été reconduite au gouvernement ce 1er janvier. Cette continuité lui confère une position singulière dans un ministère réputé pour son instabilité.
Avec cette nouvelle nomination, elle serait en passe de devenir l’une des ministres les plus durables à la tête de l’Éducation nationale. Une longévité qui renforce à la fois sa maîtrise des dossiers et les attentes de résultats concrets, dans un secteur où les crises sociales ont souvent fragilisé les équipes dirigeantes.

Reprise des cours : un enjeu scolaire et social majeur
L’enjeu immédiat demeure la reprise effective des enseignements, afin de préserver l’année scolaire et limiter les perturbations pour les élèves et les familles. Chaque jour de grève accentue les inégalités pédagogiques et pèse sur la crédibilité du système éducatif.
Pour les autorités, il s’agit donc de trouver un équilibre délicat entre dialogue social, contraintes budgétaires et impératif de continuité du service public de l’éducation.
Une crise éducative aux implications politiques nationales
Au-delà du cadre strictement scolaire, la grève des enseignants soulève des enjeux politiques plus larges. Elle interroge la capacité de l’État à répondre durablement aux revendications sociales et à engager des réformes structurelles dans un secteur stratégique.

Pour Camélia Ntoutoume Leclercq, la gestion de cette crise représente un test majeur. L’issue des négociations pourrait soit ouvrir la voie à une refondation du dialogue social dans l’éducation, soit reconduire un cycle de tensions récurrentes qui fragilise l’école gabonaise et compromet l’avenir de toute une génération.
